- 1. Invariants des ensembles partiellement ordonnés
gradués
- Une grande partie de ma recherche la plus récente porte sur
les invariants des ensembles partiellement ordonnés
gradués en général, ou sur une certaine sous-classe
d'eux en particulier.
- 1.1 Des drapeaux dans les ensembles partiellement ordonnés
gradués
- Dans notre article "Linear inequalities for flags in graded
partially ordered sets"
avec L. Billera nous montrons que la clôture du
cône convexe engendré par tous les vecteurs f
drapeau des ensembles partiellement ordonnés
gradués est polyhédral. En
particulier, nous détérminons toutes les
inégalités définissant une facette du
cône polaire qui donne toutes les fonctinnels positives
d'enumérations des chaînes pour cette classe d'ensembles
partiellement ordonnés. Celles-ci sont en bijection avec les
antichaînes d'intervals sur l'ensemble des rangs, et sont ainsi
comptés par les nombres de Catalan. De plus, nous montrons que la
convolution introducit par Kalai assigne des rayons extrêmes aux
paires de rayons extrêmes dans la plûpart des cas. Nous
décrivons les inégalités les plus fortes possibles
pour les ensembles partiellement ordonnés
gradués dont le rang est au plus 5. En général, la
même question semble mener à un problème
extrêmement difficile de l'optimisation combinatoire.
Nous avons continué cette recherche dans l'article "Decompositions of partially ordered
sets". Nous montrons que pour tout ensemble partiellement
ordonneé gradué P, le complexe simplicial dont les faces
sont les chaînes de P, possède d'un effeuillage
"faible" tel que l'intersection de chaque cellule avec les
cellules attachées auparavant est homotopique à une boule
ou à une sphère. En généralisant la
technique d'étiquettage utilisée dans la preuve du notre
téorème principal sur la clôture du
cône convexe engendré par tous les vecteurs f
drapeau des ensembles partiellement ordonnés
gradués, nous introdusions la notion d'un étiquettage des
chaînes et des arêtes "avec la propriété
du premier atome". Ces étiquettages generalisent les
effeuilages lexicographiques, introduits par Björner et Wachs. Une
autre sous-classe de ces étiquettages nous permet de décrire
la clôture du cône convexe engendré par tous les
vecteurs f drapeau des ensembles partiellement ordonnés
gradués planaires, en proposant une analogue planaire de la
notion du vecteur h. Il se revèle que, pour les
ensembles partiellement ordonnés planaires ayant la
propriété Cohen-Macaulay, les deux vecteurs h sont
égaux, et le cône des vecteurs h est un orthant
dont la dimension est un nombre de Fibonacci.
- 1.2 Permutations d'André et index cd d'ensembles
partiellement ordonnés eulériens,
cubiques et
simpliciaux
-
Dans mon article "On the cd-variation
polynomials of André and simsun permutations" (Discrete & Computational Geometry, 16 (1996),
259-276) je démontre une
conjecture de Stanley qui raffine le théorème de Purtill
sur l'index cd d'une algèbre booléenne.
Je définis une nouvelle classe de permutations d'André
signées, et j'étends la notion de la variation cd aux
permutations signées d'une nouvelle manière. Ces permutations
d'André signées me permettent non seulement de donner une formule
pour l'index cd de l'ensemble partiellement ordonné
des faces d'un cube, mais elles apparaissent aussi comme un système de
représentants des orbites pour une généralization
signée de l'action, définie par Foata et Strehl, d'un
groupe commutatif sur les permutations.
J'ai continué cette recherche avec R. Ehrenborg. Dans notre
article "Flags and shellings of Eulerian cubical
posets", nous démontrons un analogue cubique du
théorème de
Stanley, qui
exprime l'index cd d'un ensemble partiellement
ordonné simplicial eulérien
en fonction de son vecteur h. Notre résultat implique que, si
le vecteur h cubique de Ron Adin est positif pour les complexes
cubiques de Cohen-Macaulay, alors la conjecture de positivité de l'index
cd des ensembles partiellement ordonnés ayant la
propriété Gorenstein* est vraie dans le cas
cubique. Nous montrons un analogue cubique d'une conjecture de
Stanley,
portant sur le rapport entre l'index cd de la
semisuspension des composants d'effeuillage d'un complexe simplicial,
et les polynômes de variation réduite de certaines
sous-classes des permutations d'André. La notion de permutation
d'André signée utilisée dans ce résultat est une
généralisation commune de deux définitions
antérieures des permutations d'André signées. Le
résumé de cet article a été
présenté au 7-ème colloque international
Séries Formelles et Combinatoire Algébrique
à Paris en mai 1995.
Dans notre article "Permutation trees and variation
statistics" (à paraître dans European
Journal of Combinatorics) avec E. Reiner nous étudions des
représentations de permutations par des arbres binaires avec le
but de donner une preuve combinatoire du résultat de Purtill sur
l'égalité entre la variation cd totale des
permutations d'André et la variation ab totale de toutes
les permutations. Inspiré par la démonstration de Purtill,
nous introduisons une nouvelle action de groupe "à la
Foata-Strehl" sur les permutations. Cette action nous permet de
donner une preuve élémentaire du théorème
de Purtill, et d'établir une bijection entre les permutations
d'André de premier type et les permutations alternantes qui
commencent avec une descente. Une version modifié de notre action
de groupe nous améne à l'étude d'une nouvelle classe
des permutations d'André qui ont une structure ressemblant à
celle des permutations "simsun".
-
1.3 Invariants des complexes cubiques
-
Dans mon article "On the Stanley ring of a
cubical complex" (Discrete & Computational Geometry
14 (1995), 305-330), j'examine les propriétés d'un
anneau défini pour les complexes
cubiques de façon analogue à l'anneau de Stanley-Reisner.
Je calcule la série de Hilbert de cet anneau en termes du vecteur
f, et je démontre que, si on prend l'idéal
initial de l'idéal de
définition par rapport à l'ordre lexicographique inverse
des termes,
on obtient alors les relations définissant l'anneau de
Stanley-Reisner de la
triangulation du complexe cubique, obtenue "en tirant les sommets".
En utilisant une ancienne idée de Hochster, je prouve que cet anneau a
la propriété de Cohen-Macaulay si le complexe admet un
effeuillage.
Je démontre de plus que son idéal de définition est
engendré par des
quadriques si ce complexe est aussi le sous-complexe du complexe du
bord d'un polytope cubique. Je présente un
analogue cubique aux complexes simpliciaux de Cohen-Macaulay
équilibrés : la classe des complexes cubiques avec un
effeuillage, dont les arêtes peuvent être orientées de
sorte que les arêtes "parallèles" pointent
"vers la même direction". En utilisant les
résultats de Stanley sur les complexes simpliciaux de
Cohen-Macaulay complètement équilibrés, ainsi que le
système de générateurs homogènes de
degré deux de l'idéal de définition, j'obtiens un
ensemble infini d'exemples vérifiant une conjecture de
Eisenbud, Green et Harris. Cette conjecture affirme que le vecteur
h du quotient d'un anneau polynômial de n
variables par un idéal contenant un système de
paramètres homogènes de degré deux de n
éléments est le vecteur f d'un complexe simplicial.
Soit I un invariant des complexes cubiques qui peut être exprimé
comme une combinaison linéaire des nombres des faces de différentes
dimensions. Dans mon article "Invariants des
complexes cubiques" (Annales des Sciences
Mathématiques du Québec, 20 (1996), 35-52)
je démontre que, si I ne diminue pas quand on ajoute
une nouvelle facette à un effeuillage, alors I est une
combinaison
linéaire positive des éléments du vecteur
h de Ron Adin. Il est bien
connu que les éléments du vecteur h torique
possèdent cette
propriété, et je montre qu'elle est aussi vraie pour le
"vecteur h de triangulation" qui provient de la
série de Hilbert
de l'anneau de Stanley d'un complexe cubique. Ainsi, la
positivité du vecteur
h de Ron Adin implique la positivité de tout autre
vecteur h
cubique connu. Je démontre cette positivité pour tout complexe
cubique obtenu comme subdivision barycentrique d'une sphère
simpliciale. Le résumé de ce travail a été
présenté au 8-ème colloque international
Séries Formelles et Combinatoire Algébrique
à Minneapolis en juin 1996.
- 2. Espèces cubiques et algèbres non-associatives
- Comme stagiaire post-doctoral au LACIM j'ai contribué à jeter les
fondements de la théorie d'espèces cubiques. La
théorie d'espèces classique concerne
l'énumération des structures sur un ensemble, l'analogue
cubique considère les mêmes questions sur les cubes. Le
rôle du groupe symérique est joué par le groupe
hyperoctahédral. Dans notre article
"Cubical Species and Nonassociative
Algebras"
(Advances in
Applied Mathematics, 21 (1998), 499-546) avec Pierre Leroux
et Gilbert Labelle nous analysons des espèces
cubiques, des espèces cubiques moléculaires, les
opérations fondamentales entre eux, en donnant des exemples
explicites. En particulier, nous montrons que le produit cubique induit,
d'une manière naturelle, un anneau non-associatif de
séries formelles. Nous terminons avec une analyse
détaillé de cet anneau non-associatif.
- 3. Construction combinatoire de l'homologie cubique
-
Dans l'article "Generalizations of
Baxter's theorem and cubical homology" (Journal of
Combinatorial Theory A, 69 (1995), 233-287.),
écrit avec R.
Ehrenborg, nous généralisons un lemme sur des
colorations des triangulations d'une sphère de dimension 2 aux
dimensions arbitraires et à des pseudo-variétés cubiques
(le lemme que nous avons généralisé était
utilisé à l'origine pour une démonstration
combinatoire du théorème de Brouwer sur le point fixe en
dimension 2). Lors des démonstrations de nos
théorèmes de coloration, nous avons découvert une
approche purement combinatoire de la théorie de l'homologie cubique.
- 4. Caractérisation algébrique de la
représentabilité linéaire des matroïdes
-
Dans un texte non publié, j'ai donné une
caractérisation algébrique de la
représentabilité linéaire des matroïdes qui
est analogue au résultat de P. Vámos et à la
construction des anneaux de parenthèses de N. White. Mon
critère pour la représentabilité lineaire est
qu'un idéal de déterminants d'un anneau polynômial
doit être disjoint du semigroupe des monômes.
- 5. Sur l'ordonnabilité du produit libre
de deux semi-groupes ordonnés
-
Dans mon article "On ordering the free product of ordered
semigroups" (Annales Univ. Sci. Budapestiensis De Rolando
Eötvös Nominatae, Tomus XXXII (1989), 233-241) je donne
une réponse partielle à la question suivante de
I. E. Yu. Gabovich : étant donnés deux semi-groupes
ordonnés A et B, quand leur produit libre
A*B est-il ordonnable? R. Johnson a prouvé qu'il est
suffisant d'exiger que A et B possèdent la
propriété de la simplification à droite et à
gauche, et qu'aucun d'eux ne contienne d'éléments
idempotents. Gabovich a démontré qu'il est
nécessaire que l'un des deux ne contienne pas d'idempotent.
J'ai montré qu'il est nécessaire que ni A ni
B ne contienne d'idempotent et que les deux semi-groupes
doivent avoir la propriété de simplification à
droite (resp. à gauche). Ainsi nous obtenons une condition
nécessaire et suffisante dans le cas des semi-groupes
commutatifs. Dans le cas général, je montre qu'aucune
autre condition nécessaire ne s'impose simultanément
à A et à B.
- 6. Le diamètre des graphes de Cayley
aléatoires du groupe symétrique
-
L. Babai conjecture qu'il existe une constante absolue c1
telle que, étant donné un groupe simple quelconque
G et un système de générateurs S
de G, le diamètre du graphe de Cayley
Gamma(G,S) est inférieur ou égal à
(ln|G|)c1. En particulier, il existerait une
constante c2 telle que l'on a diam
Gamma(An,S)<= nc2 pour G=An , le groupe alterné
de degré n. Ceci impliquerait le même
énoncé pour le groupe symétrique G=Sn.
La meilleure borne supérieure connue de diam
Gamma(G,S) pour G=An ou Sn était
exp( sqrt nln n(1+o(1)). (Dû à
L. Babai et Á. Seress.)
Dans notre article "On the Diameter of Random Cayley Graphs of the
Symmetric Group" (Combinatorics, Probability & Computing 1
(1992), 201-208) avec L. Babai nous démontrons que, lorsqu'une paire
aléatoire d'éléments de Sn est donnée,
le graphe de Cayley du groupe et de ces deux générateurs
est presque toujours au plus
exp((1/2+o(1))
(ln2 n). (L'expression "presque toujours"
veut dire que la probabilité de
l'événément contraire converge vers zéro
quand n tend vers l'infini.) En tenant compte d'un
résultat de Dickson qui montre qu'une paire aléatoire de
permutations engendre presque toujours au moins An, nous
obtenons une borne supérieure pour diam
Gamma(An,S), valable pour presque tout (An,S), et qui
est beaucoup plus basse que la meilleure borne supérieure
détérministe connue.